Le cours de yoga ne peut en aucun cas se réduire à une séquence de postures ou de rythmes respiratoires sans ordre implicite et sans progression ou alors il s’agira de créations fantaisistes n’ayant du Yoga que le nom.
Au début, un temps plus au moins long est consacré à la détente : la relaxation en position couchée permet de passer des activités précédentes à un état de calme intérieur, favorisant l’apaisement du rythme cardiaque et de la respiration.
C’est une entrée en soi, une approche de l’immobilité et du silence, parfois difficile, mais combien nécessaire dans le mode de vie actuel.
Dès le début du cours, la respiration constitue le repère essentiel et permanent : car sans elle l’exercice perdrait son intériorité.
On consacre un moment plus ou moins prolongé au travail exclusif sur la respiration (le Pranayama). Cette phase offre une certaine variété et le souffle y trouve un chemin invisible vers la profondeur de soi-même.
Il est très facile d’observer qu’il y a un lien très étroit entre le rythme respiratoire et le mental.
Chaque pensée est liée à une modification du rythme respiratoire. En effet, il est difficile de penser et de maintenir un rythme respiratoire constant. Observez votre respiration, puis invitez la peur ou la colère et vous verrez que cela change le rythme respiratoire.
Le Yoga suggère que l’on ait toujours une partie de son attention sur la respiration. Cela permet de faire une action en pleine conscience, d’être vraiment ici et maintenant, et empêche que l’on se laisse emporter par le stress, l’anxiété, la peur, etc…
Il y a divers exercices de Pranayama à des buts bien précis. Par exemple kappalabhati oxygène le corps, Viloma-pranayama nous aide à apprendre à contrôler la respiration, Anuloma-viloma nous permet de mieux nous concentrer et moins écouter le mental en apaisant les émotions.
On distingue ensuite, selon les styles de pédagogie, divers exercices destinés à préparer corps et mental pour les postures (p. ex. la salutation au soleil).$
La quatrième phase, habituellement la plus longue, concerne les postures : on les pratique dans un certain ordre, qui provoque un recentrage et une harmonisation, en même temps physique et psychologique.
Entre chaque posture on prend soin de laisser un moment de décontraction et d’intégration, avant d’entrer dans la suivante.
Les postures visent à la fois un développement du corps, du mental et de la spiritualité. Le dosage de l’effort passe par le respect et la connaissance de son corps en apprenant à reconnaître la limite de l’inconfortable et ne pas la dépasser. Ne pas aller au-delà, par ambition ou par orgueil, mais à accepter les véritables limites du confort dans lequel la position yogique procure le plus de bienfaits.
Physiquement, lorsque nous sommes dans une posture de Yoga, certaines parties du corps sont compressées, le sang y circule temporairement moins, et lorsque la posture est relâchée, le sang circule alors de manière accélérée, purifiant les parties du corps concernées.
Les postures de yoga permettent d’atteindre toutes les parties du corps, y compris les organes internes.
En effet, les postures inversées, offrent un repos au cœur qui n’a plus besoin de contrer la pesanteur, ce repos ne se trouve même pas dans le sommeil. Les postures agissent également sur les glandes endocrines et ont un effet régulateur, ce qui influence non seulement la santé du corps mais aussi l’équilibre psychique.
Il est important, à la fin de la pratique, de rester allongé(e) une dizaine de minutes pour une détente guidé.
Il faut alors garder une immobilité absolue, car esquisser le moindre mouvement recontracte certains muscles et retarde la relaxation intégrale.
L’état de relaxation est impossible à décrire, le corps est oublié et paraît immatériel, on a une sensation étrange et délicieuse de perdre peu à peu conscience et contact avec le corps.
Avec de l’entraînement, la détente se produit de plus en plus vite et gagne en profondeur.
Lorsque l’exercice de relaxation est terminé, il s’agit de reprendre contact avec le monde extérieur et pour ce faire ramener les muscles et les nerfs à leur état de veille habituel. A cet effet, on commence progressivement à bouger le corps et à s’étirer…